Carole

Peux-tu te présenter ? 
Carole, femme de 46 ans, maman de 2 enfants de 15 et 13 ans, chef d’établissement d’un lycée général, technologique et professionnel et d’un centre de formation continue et en apprentissage accueillant des jeunes de 14 à 51 ans.

Quel est ton parcours ? 
J’ai une maitrise en Biologie géologie, agrégée en Sciences de la Vie et de la Terre. Pour devenir chef d’établissement dans l’enseignement catholique j’ai suivi une formation qualifiante et suis donc titulaire d’un titre de management d’unités de formation et d’éducation.

Pourquoi as-tu choisi ce métier ? 
Je n’ai pas choisi, j’ai répondu à des opportunités. Par des rencontres, ma pratique d’enseignante et mes actions ont suscité l’intérêt de l’institution et l’on m’a confié des responsabilités, tout d’abord intermédiaires (responsable du laboratoire de SVT et PC) puis adjointe d’un lycée général et technologique et enfin une mission de pilotage au niveau de la direction diocésaine de la gironde. Lors de cette dernière mission j’ai pu apprécier la richesse et la complexité du travail en réseau et du management d’un collectif de dirigeants. Puis naturellement je suis allée vers le pilotage d’établissement scolaire. 

Quelle difficulté ou échec – dans la vie pro ou perso – t’a le plus apporté ? 
A bien réfléchir, je dirai que la difficulté principale a été le démarrage : l’obtention du concours. Je m’y suis reprise à 3 fois. Si bien que la dernière année, j’ai postulé pour faire des remplacements, me disant que si la « grande porte » était close, je passerais alors par la « petite ». Et c’est cette année, où j’étais surveillante d’un internat et d’externat dans un même établissement, que j’ai réussi à obtenir le concours d’enseignement. Comme quoi, j’avais peut-être besoin de vivre toutes ces difficultés avant d’entrer dans ce métier. Chance ou malchance, une question de point de vue !

Qu’est-ce qui te motive dans ton métier, dans la vie ? 
Le service que je peux rendre à ceux qui me sont confiés. J’entends par là les jeunes mais aussi les adultes de la communauté de mon lycée et centre de formation. Ce service peut être tout autant un service d’enseignement d’éducation que d’accueil.

Comment arrives-tu à retrouver cette motivation quand tu l’as perdue ? 
Au cours de mon parcours, j’ai eu beaucoup de chance. J’ai rencontré des personnes inspirantes, des personnes « ressources ». J’ai conservé les traces de nos échanges que je relis en cas de besoin. Mais la source ultime de remotivation, reste pour moi l’intériorité. Je suis catholique et la prière m’aide beaucoup.

Où puises-tu l’inspiration ? 
Dans mon entourage, comme dit plus haut, j’ai rencontré des personnes épatantes : du manager survolté avec une capacité de travail éblouissante à une adjointe en pastorale scolaire qui propose des siestes bibliques, du jeune de 14 ans qui pilote un drone et fait des vidéos de folie au parent qui partage ses doutes en confiance. 

Qu’est-ce qui t’aide à décompresser, te ressourcer ? 
Après quelques années de pratiques professionnelles et quelques embuches, j’ai enfin compris que mon premier ami et allié c’est moi. Je me force donc à relire mes états et mes actions afin de ne pas me reposer sur ma famille et mes amis.

As-tu des petites astuces organisationnelles ? 
Je suis une gaga des petits carnets. J’en ai de toutes tailles, couleurs, mais les feuilles ont des lignes pour m’aider à écrire droit. 🙂. J’évite de différer mes tâches, ça m’évite d’encombrer mon cerveau. Et je cours, car j’ai constaté que lors de mes séances de running, des solutions m’arrivent sans y réfléchir.

Un ouvrage à nous conseiller ? 
J’ai lu récemment « Kilomètre Zéro », inspirant.

Une citation, un poème ou un proverbe à partager ? 
Seul on va vite, à plusieurs, on va loin !

Enfin, aurais-tu une recette simple et réconfortante à nous offrir et pourquoi celle-là ? 
Un thé chaud, de grosses chaussettes moches, un plaid tout doux et au choix télé/livre/un paysage…. Pour prendre du temps pour soi.


Myriam

Peux-tu te présenter ? 
Je m’appelle Myriam. Mon prénom veut dire « goutte d’eau » en hébreu. J’aime écouter les histoires des autres, les questionner, écrire, méditer des textes, apprendre, témoigner. Depuis pas longtemps, j’apprends à investir la parole avec ma voix pour dire ce que je pense. Même si c’est maladroit et imparfait, au moins je le dis ! Les mots qui guident ma vie depuis un an, c’est très récent, sont : vérité, liberté, amour.
Auparavant j’étais journaliste et communicante. Depuis 2020, j’avance vers une nouvelle voie naissante : un mélange d’écriture, de formation à la relation d’aide, de proximité avec les arbres et les plantes. Je me forme, entre autres, à l’herboristerie.

Quel est ton parcours ? 
Longtemps décousu, même si non en apparence. J’ai été journaliste et communicante pendant une dizaine d’années, en tant que salariée et freelance. Entre deux statuts, des temps de pause inconfortables passés à réfléchir sur le sens de mes activités, des envies de changements, mais la confiance en moi me manquait pour sauter le pas. J’ai quand même réalisé deux projets dont je suis fière au cours de ces années de questionnement : créer une marque de bijoux et écrire un livre.

Pourquoi as-tu choisi ce métier ?
J’ai choisi le journalisme car je suis un être curieux qui adore la rencontre avec l’autre, découvrir un nouveau sujet, lire pour comprendre. J’ai adoré être dans cette posture pendant quinze ans. Aujourd’hui, j’éprouve moins ce désir frénétique de rencontres, je préfère prendre le temps d’œuvrer sur des sujets au long cours.

Quelle difficulté ou échec – dans la vie pro ou perso – t’a le plus apporté ? 
Marcher vite dans mon appartement, tomber sur mon pied, me fracturer la cheville. Sur le moment, je m’en suis énormément voulue et j’ai énormément culpabilisé, notamment vis-à-vis de mon mari qui se retrouvait seul à gérer nos enfants en bas âge. D’un point de vue symbolique, la fracture de la cheville parle de tiraillement, d’un ancrage défaillant. Mon corps m’invitait à faire le vide autour de moi. Pendant six semaines, je suis restée allongée des heures les yeux au plafond, sans rien pouvoir faire d’autre.. C’est comme ça que je me suis reconnectée à mon âme que j’avais laissé de côté depuis trop longtemps. Cette chute a été mon salut, une occasion de mourir pour renaître à moi.

Qu’est-ce qui te motive dans ton métier, dans la vie ? 
Depuis ma renaissance, il y a vraiment cette idée très forte que mon œuvre soit guidée par la vérité, la liberté et l’amour. Ces trois mots ont une résonance très forte et particulière dans mon histoire personnelle. Depuis quelques mois par exemple, j’initie des cercles de parole et d’écoute destinés à des femmes en couple mixte. Chaque jour, des femmes et des hommes amoureux découvrent à quel point leurs différences religieuses et culturelles sont importantes aux yeux de leur entourage. Par amour, peur ou ignorance, des parents n’hésitent pas à afficher leur désapprobation à l’égard du choix de leur enfant. De nombreux couples préfèrent alors mettre fin à leur relation. Lorsqu’une femme parle avec vérité et avec son coeur, elle autorise une autre femme à parler d’elle avec cette même qualité de témoignage, sincère et profond. Cette envie d’accompagner les êtres humains vers plus de liberté d’être est très présente dans les projets que je mène.

Comment arrives-tu à retrouver cette motivation quand tu l’as perdue ? 
Je sors marcher et contempler le monde physique dans un parc situé à côté de chez moi. Les arbres, les plantes, les oiseaux, l’eau. Observer le règne végétal, m’attarder sur la forme d’une fleur ou encore les rainures d’un tronc d’arbre. Me laisser traverser par la vie non-humaine qui m’entoure me décentre de mes préoccupations et contribue, paradoxalement, à me remettre dans mon axe directeur.

Où puises-tu l’inspiration ?
Dans mes rêves, dans ma rencontre avec l’autre. Lorsque je ne fais rien également.

Qu’est-ce qui t’aide à décompresser, te ressourcer ? 
Je me ressource souvent dans le silence. Aller marcher en forêt. Prier. Marcher au bord de l’eau. Fermer les yeux et respirer, entrer en contact avec mon âme. « Gagatiser » avec mes enfants. Mes fils sont mes maîtres, ils ont cette capacité à ramener mon attention sur le minuscule moment présent, et à venir aussi mettre le doigt là où ça coince et ça grince à l’intérieur de moi. Ils ont une capacité à s’émerveiller sans cette devant la vie qui m’émeut et me touche, j’essaie de suivre leur voie.

As-tu des petites astuces organisationnelles ?
J’apprécie noter mes intentions et envies d’activités à réaliser pour le mois à venir. Le dimanche, je note sur un cahier les choses que je souhaite réaliser pour la semaine à venir. Je suis intéressée par énormément de sujets, je peux parfois avoir tendance à être frustrée par le manque de temps à y consacrer. Une amie m’a dit récemment qu’elle fonctionnait en « activités permaculturelles ». Cela m’a tout de suite parlé. J’ai une grande feuille en papier blanche chez moi qui représente ma carte du monde. J’écris dessus des mots, des envies. Cela me permet de dire, par exemple, « en 2021 Myriam, tu te concentres sur tel et tel sujets, en 2022 tels sujets, en 2023 sur ça et ça, etc. ». Avoir une vue d’ensemble et sur le long terme me permet de calmer mon impatience. Mais également, ces activités qui, même si de prime abord, n’ont pas de rapport direct les unes avec les autres, je constate qu’elles se/me nourrissent et s’/m’enrichissent.

Un ouvrage à nous conseiller ?
Siddhartha de Herman Hesse.

Une citation, un poème ou un proverbe à partager ? 
« Suppose que tu n’existes pas, et sois libre ». Omar Khayyam.

Enfin, aurais-tu une recette simple et réconfortante à nous offrir ? et pourquoi celle-là ?Risone de sarrasin au beurre de sauge et parmesan. Faire cuire les risone à l’eau, comme des pâtes, pendant quelques minutes. 5 minutes max. Pendant ce temps-là, faire fondre du beurre dans une poêle, en veillant à ne pas le faire brûler. Ajouter de la sauge fraîche ou séchée au beurre fondu. Plonger les risone cuits dans la poêle beurrée et mélanger. Saupoudrer de parmesan. J’en salive rien qu’en l’écrivant.
En me rendant il y a quelques jours dans l’épicerie bio en vrac en bas de chez moi, je suis allée confiée à Zoé, une des vendeuses de la boutique, mon manque d’inspiration du moment en cuisine. J’ai tout de suite été attirée par ces petites pâtes appelées risone, produites de manière artisanale par un producteur du coin. Zoé m’a conseillé de préparer un beurre de sauge pour les servir. Je n’utilise jamais de sauge alors même que je me souviens que ma grande-tante en Tunisie l’utilisait pour la cuisson de la volaille notamment, et que j’adorais son goût puissant et un peu amer.
Cette recette est venue éveiller en moi des images et parfums lointains de l’enfance. Depuis, je l’ai préparée deux fois en une semaine aux enfants qui commencent à en avoir marre. Lorsque j’aime un plat, je suis capable d’en manger tous les jours sans me lasser !

Inspiration

L’inspiration, c’est la phase de respiration pendant laquelle l’air emplit les poumons.
C’est aussi un mouvement intérieur qui porte à faire et à agir.
Cet enthousiasme, souffle créateur, anime l’écrivain, l’artiste, le chercheur…
Les rencontres en sont souvent la source.
L’inspiration élève et nous ramène à l’essentiel.

Eva

Peux-tu te présenter ?
Bonjour, je m’appelle Eva, j’ai 42 ans. Je suis née à Bordeaux. Je suis mariée, j’ai deux enfants de moins de 10 ans. Mon mari et moi-même avons quitté Paris pour vivre à La Réunion depuis maintenant 3 ans.

Quel est ton parcours ?
J’ai effectué un bac littéraire, suivi un cursus d’études de lettres modernes option littératures francophones à l’université Bordeaux III. Mon goût pour la communication et les opportunités professionnelles sur lesquelles je me suis positionnée m’ont naturellement orientée vers la communication. Je suis devenue directrice de communication du réseau Opcalia (aujourd’hui AKTO), implanté en France métropolitaine et DROM. Mon départ vers La Réunion a été l’occasion pour moi de m’engager dans une nouvelle aventure professionnelle, celle de l’entrepreneuriat. J’ai créé Poimaskat et accompagne les entreprises au quotidien sur leur stratégie de marque et leur communication.

Pourquoi as-tu choisi ce métier ?
J’aime le challenge, l’action et l’échange avec les autres. La communication nécessite la mobilisation de compétences diverses, l’utilisation et la maîtrise d’une riche palette d’outils, le tout évoluant en permanence. De par son caractère transversal, elle est synonyme de diversité : interlocuteurs, secteurs d’activités, sujets. Je suis toujours dans l’action et ne m’ennuie jamais, 😃!!!     

Quelle difficulté ou échec – dans la vie pro ou perso – t’a le plus apporté ?
Je suis perfectionniste et j’ai peur de l’échec. Le perfectionnisme est pour moi une réelle qualité mais poussé à son extrême il est source de difficultés et s’avère être un vrai défaut : il mène à une insatisfaction permanente. Il faut savoir dire « stop » et être bienveillant envers soi-même, tant dans sa vie personnelle que professionnelle. Je reste toutefois persuadée que c’est mon côté perfectionniste qui m’a permis de m’élever hiérarchiquement et de me lancer par la suite dans l’entrepreneuriat. 

Qu’est-ce qui te motive dans ton métier, dans la vie ?
Je vis ma vie comme une multitude de potentialités et mets en place des stratégies me permettant de rebondir au quotidien. Rien n’est infranchissable. Ce qui s’apparente à un mur aujourd’hui s’avère être une marche plus ou moins haute dès qu’on l’a franchi. Pour moi, tout est question de stratégie. Et il en est de même au niveau professionnel, j’éprouve beaucoup de plaisir et de satisfaction personnelle dans la réussite des actions mises en place au cours de mes prestations. 

Comment arrives-tu à retrouver cette motivation quand tu l’as perdue ?
Je fais des pauses, ☺! Je me prépare un thé au lait – j’ai un faible pour le Kushmi Love – et m’évade avec un bon thriller (film ou livre). J’en ressors vraiment reboostée. 

Où puises-tu l’inspiration ?
Je me sers énormément des réseaux sociaux au quotidien, notamment pour me tenir informée des innovations techniques liées à mon métier. Lorsque je trouve un concept original, je le note et le mets de côté dans ma tête de manière à l’adapter et/ou l’enrichir si l’occasion se présente.

Qu’est-ce qui t’aide à décompresser, te ressourcer ?
La lecture, un bon film ou gratter les cordes de ma guitare. Sinon, j’organise des sorties en famille à échéances régulières qui me permettent de me concentrer sur mon activité au quotidien. Je pars quelquefois la journée avec une ou deux amies à la plage et ne fais rien d’autre que discuter de tout et de rien, tartinée de crème solaire – 😉 ! -, un cocktail de fruits frais avec ou sans alcool à la main.

As-tu des petites astuces organisationnelles ?
Je note tout dans mon agenda : les rendez-vous des enfants, les sorties restau, les deadlines de mes projets en cours… Je l’ai toujours sur moi et le regarde régulièrement. Grâce à lui j’arrive à anticiper, à gérer au mieux vie perso et vie pro.    

Un ouvrage à nous conseiller ? 
Un bon thriller, Le poète de Michael Connelly 

Une citation, un poème ou un proverbe à partager ?
« La qualité de notre communication est déterminée non par la manière dont nous disons les choses, mais par la manière dont elles sont comprises ». Andrew Grove

Enfin, aurais-tu une recette simple et réconfortante à nous offrir ? et pourquoi celle-là ?Ma recette simple et réconfortante est celle des scones. Je les prépare avec mes enfants. Pour mon mari et moi-même, nous optons généralement pour des raisins secs trempés dans du Cointreau, les enfants optent pour des pépites de chocolat. Nous les dégustons à peine sortis du four avec du beurre salé, un vrai régal ! Cette recette est forte émotionnellement pour moi car elle me rappelle une personne qui m’a profondément marquée. Elle est synonyme de partage, de joie, et bien entendu, de gourmandise, des sentiments que j’aime éprouver avec mes proches.   > Ingrédients : 250 g de farine – 40 g de sucre – 50 g de beurre – 1 jaune d’oeuf – 150 ml de lait – 1 pincée de sel – 1 sachet de levure chimique –  50 g de raisins secs trempés dans du cointreau en amont ou pépites de chocolat
Dans un bol, mélangez la farine, le sucre, le sachet de levure et la pincée de sel. Rajoutez au mélange le beurre très mou coupé en lamelles. Dans un autre bol, mélangez ensemble le lait avec le jaune d’oeuf. Rajoutez progressivement ce mélange avec la farine jusqu’à ce que la pâte soit molle, rajoutez de la farine si elle colle trop. Ajoutez les raisins ou les pépites de chocolat. Formez des boules de 3 à 4 cm de diamètre et déposez-les sur une plaque de cuisson anti-adhésive. Mettez-les au four pendant 15 minutes à four chaud (220°C).

Gwen

Peux-tu te présenter ?

Je suis maman de 2 enfants et mariée à l’homme de ma vie ! Je suis bretonne. J’exerce deux métiers à la maison : je suis créatrice de contenu web d’un côté, et céramiste de l’autre. Je suis plutôt casanière. Je vis et je travaille à la Chapelle Sur Erdre, au nord de Nantes, une ville que j’aime beaucoup. 

Quel est ton parcours ?

J’ai une formation universitaire, une maîtrise d’anglais et un DEA de communication à la Sorbonne Nouvelle. J’ai suivi en parallèle tout au long de mes études, des stages et cours du soir de poterie depuis l’âge de 20 ans. Le premier était à Combrit chez Armelle Le Gall. Ensuite J’ai aussi suivi des cours de nu et de dessin aux beaux-arts et à Duperré à Paris. En arrivant dans la région nantaise, j’ai suivi des cours de poterie chez Martine Morgand, à Vertou. En 2019, j’ai été approchée par le chef Éric Guérin de la Mare aux Oiseau et depuis, je travaille pour lui ! 

Pourquoi as-tu choisi ce métier ?

D’un côté, j’aime écrire. Et puis, c’est ma formation. De l’autre, la céramique est venue car j’avais besoin de me détendre et je n’étais pas prête à cette époque (et encore aujourd’hui c’est dur !) à prendre du temps juste pour ça. J’avais besoin d’un résultat concret à mettre dans mes mains pour aller bien. C’est très satisfaisant pour moi d’utiliser mes mains pour construire quelque chose qui prend forme et qui va être utile à quelqu’un. Je fais d’ailleurs peu de sculpture (sauf quand j’ai des commandes spéciales), je préfère les beaux objets de table. Quand je suis dans mon atelier et que je travaille la terre, ou j’émaille ou je dessine, je ne vois pas les heures passer. J’écoute des livres audio en même temps, j’adore ça ! L’an passé, j’ai écouté l’équivalent de 15 jours et 13H de livres ! C’est fou je trouve.

Quelle difficulté ou échec – dans la vie pro ou perso t’a le plus apporté ?

En devenant free-lance à 30 ans, j’ai compris que le seul moyen de garder mes clients était d’être très exigeante envers moi-même. Expérience et écoute du client. La conception rédaction, c’est se glisser dans la peau de quelqu’un d’autre et devenir sa plume. 
En devenant maman à 31 ans, j’ai réalisé qu’il fallait que je sois moi-même et que je fasse ce que je veux de ma vie, pour être un bon repère pour mes enfants. J’ai donc décidé de me donner à fond dans ce que j’aime faire. La céramique prend donc de plus en plus de place. 
J’ai longtemps souffert du syndrome de l’imposteur. Alors en étant ma propre boss et en devenant maman, ces nouvelles responsabilités m’ont obligé à assurer.

Qu’est-ce qui te motive dans ton métier, dans la vie ?

Mes enfants et mon mari me motivent beaucoup. Nous nous encourageons les uns les autres pour donner le meilleur de nous-même. J’ai aussi la chance d’avoir de très bonnes amies qui m’encouragent, qui croient en moi et avec qui je partage beaucoup.

Comment arrives-tu à retrouver cette motivation quand tu l’as perdue ?

Je cours le long de l’Erdre. Je lis. Je fais la fête pour décompresser ou alors je me couche tôt pour récupérer. Je parle à ma meilleure amie, qui me donne les meilleurs conseils du monde.

Où puises-tu l’inspiration ? 

Mes inspirations reflètent mes envies. Récemment, j’ai eu envie de retrouver ma Bretagne mais comme la situation ne me le permet pas, j’ai lancé une petite collection céramique à rayures bleues (des tasses et bols avec des cœurs parce que j’adore ce motif) qui me rappelle l’Ile Tudy, d’où je suis. 
J’essaie de ne pas trop m’inspirer de ce que je vois sur instagram ou sur la toile. Je veux sortir des choses qui viennent de moi. Mais je suis des céramistes talentueuses qui font des choses très différentes de ce que je propose.

Qu’est-ce qui t’aide à décompresser, te ressourcer ?

Le tour de potier est un objet incroyable pour décompresser. Il permet de méditer, de transformer la matière. C’est génial. Sinon j’aime beaucoup courir car ça me permet de ne penser à rien. J’aime passer du temps avec mes enfants.

As-tu des petites astuces organisationnelles ?

Je me considère très mal organisée ! Je ne peux pas donner de conseil.

Un ouvrage à nous conseiller ?

J’ai lu Sorcières de Mona Chollet l’année dernière. C’est un essai sur la véritable histoire des sorcières, qui permet de comprendre pourquoi les femmes sont aujourd’hui obligées de se battre pour être libres. C’est un livre qui déculpabilise. La bibliographie est impressionnante et tout aussi inspirante que le livre.

Une citation, un poème ou un proverbe à partager ?

Nous ne voyons pas les choses comme elles sont, nous les voyons comme nous sommes.
Anaïs Nin.
(C’est de cette manière que je travaille les mots autant que la terre.)

Enfin, aurais-tu une recette simple et réconfortante à nous offrir ? et pourquoi celle-là ?

Un tour sur les îles bretonnes avec mon frère, sa famille et la mienne, et une bouteille de bon rhum.

Merci Gwen !

Anne

Peux-tu te présenter ?

Je suis Anne, 41 ans, nantaise depuis toujours. Je suis mariée à Olivier et nous avons 4 enfants. Je suis la fondatrice de Nantes Mamans et de Providenti’ELLES, 2 assos qui œuvrent à mettre les liens au centre. Je suis une femme dynamique qui essaye d’apprendre à marier ses forces et ses fragilités

Quel est ton parcours ?

J’ai fait un cursus universitaires en langues. J’ai été maman jeune, à 22 ans et j’ai vite bifurqué vers le monde associatif en créant Nantes Mamans. J’ai enseigné pendant 8 ans en collège et lycée et en 2020 j’ai créé Providenti’ELLES, association qui développe des lieux consacrés aux femmes afin de leur permettre de se retrouver pour tisser des liens de qualité .

Pourquoi as-tu choisi ce métier ?

Je suis qqn qui a besoin, de manière presque vitale, d’être en lien avec les autres et je sais ce que l’isolement et la coupure de l’autre peuvent entrainer. J’ai envie de tout cœur de pouvoir à ma manière changer les choses afin que chacun sache qu’il est aimé de l’autre.

Quelle difficulté ou échec – dans la vie pro ou perso t’a le plus apporté ?

Je suis très angoissée et ces peurs me forcent à voir et accueillir la fragilité qui est en moi. Quand je suis confrontée à ces peurs je suis obligée de rester humble. Si je n’avais pas ces fragilités, je ne me serais jamais sentie si concernée par les fragilités des autres.

Qu’est-ce qui te motive dans ton métier, dans la vie ?

Je sais que je suis à ma place quand je peux à ma mesure permettre aux gens d’être mieux. Savoir qu’à mon échelle je peux changer des choses et faire le bien est le moteur qui me fait avancer.

Comment arrives-tu à retrouver cette motivation quand tu l’as perdue ?

Quand j’ai l’impression de ne pas y arriver et que les choses ne progressent pas je regarde « dans le rétroviseur » et je repense à des témoignages que j’ai eus de personnes à qui j’ai fait du bien ou à qui mes assos ont fait du bien. J’aime aussi regarder des photos , cela permet de voir le chemin parcouru !!

Où puises-tu l’inspiration ? 

J’ai depuis toujours une grande admiration pour sœur Térésa.  Je suis aussi souvent marquée par des femmes autour de moi, ma praticienne shiatsu, l’acupunctrice que je vois, une cousine qui a l’accueil de l’autre dans les tripes… ces femmes ont toutes des qualités de cœur qui me touchent.

Qu’est-ce qui t’aide à décompresser, te ressourcer ?

Attention… le tricot, le thé…. Je suis une mémère qui s’ignore 😊  J’aime faire des bijoux, lire et mettre la musique à fond pour chanter et danser !

As-tu des petites astuces organisationnelles ?

Je n’ai pas d’astuces… j’ai la chance d’être très rapide, de bien dormir dans des draps qui n’ont pas été repassés et d’oser improviser des recettes sans livre (mes enfants témoigneraient 😊 ).
Sinon je fonctionne avec un agenda papier sur lequel on peut écrire puis effacer puis faire des flèches et gribouiller quand on téléphone !

Un ouvrage à nous conseiller ?

Un seul, c’est difficile ! Un auteur oui : Moussa Nabati, un psychanalyste très éclairant ! J’ai récemment lu un livre que j’ai adoré : « les Victorieuses » de Laetitia Colombani, une histoire de femmes qui œuvrent pour des femmes !

Une citation, un poème ou un proverbe à partager ?

« La plus grande des pauvretés, c’est de n’exister pour personne » Mère Térésa

Enfin, aurais-tu une recette simple et réconfortante à nous offrir ? et pourquoi celle-là ?

Recette de la mousse crémeuse au chocolat
Faire fondre une tablette de choc pâtissier avec 700g de crème fraiche liquide.
Dès les 1ères bulles on verse dans des ramequins puis au frigo !
Je l’adore car c’est quasi inratable car cela supporte l’approximatif !
et avec une gaufrette vanille c’est une tuerie !

Merci Anne !